La crise de l'eau potable s'aggrave et ravive la colère de la population
Antananarivo replonge dans une crise persistante d'approvisionnement en eau potable, dont l'intensité ne cesse de croître ces dernières semaines. Dans plusieurs quartiers, les coupures se multiplient et perturbent gravement le quotidien des habitants. En plein centre-ville, jusqu'à cinq interruptions d'eau sont désormais observées sur une seule journée, de jour comme de nuit, chacune durant au minimum deux heures, dans d'autres quartiers en périphérie cela fait plusieurs années que le (…) - Société
Antananarivo replonge dans une crise persistante d'approvisionnement en eau potable, dont l'intensité ne cesse de croître ces dernières semaines. Dans plusieurs quartiers, les coupures se multiplient et perturbent gravement le quotidien des habitants. En plein centre-ville, jusqu'à cinq interruptions d'eau sont désormais observées sur une seule journée, de jour comme de nuit, chacune durant au minimum deux heures, dans d'autres quartiers en périphérie cela fait plusieurs années que le robinet est à sec.
Le quartier d'Ampefiloha illustre particulièrement cette situation critique. Selon les témoignages des riverains, une première coupure intervient dès 4 heures du matin, avec un retour de l'eau aux alentours de 8 heures, au mieux. Une nouvelle interruption survient une heure plus tard, suivie d'un rétablissement en milieu de journée. L'après-midi n'est pas épargné, avec une autre coupure entre 15 heures et 18 heures, avant une dernière interruption aux environs de 22 heures. Cette succession de coupures rend l'accès à l'eau extrêmement incertain, compliquant les tâches quotidiennes les plus élémentaires.
Face à cette situation jugée « lassante » par de nombreux ménages, l'exaspération monte. Les habitants dénoncent une dégradation continue des conditions de vie, aggravée par des coupures d'électricité de plus en plus fréquentes. Dans certains quartiers, la tension a franchi un cap. À Manjakaray, des actes de protestation ont été signalés dans la nuit, avec des pneus incendiés au milieu de la chaussée, traduisant une colère grandissante.
Au-delà du constat, c'est la question de la responsabilité des autorités qui revient avec insistance. Plusieurs citoyens s'interrogent sur l'efficacité des mesures annoncées précédemment pour résoudre les problèmes d'accès à l'eau. Certains observateurs relèvent que les revendications liées à cette crise avaient déjà alimenté des mobilisations par le passé, contribuant à des changements politiques. Pourtant, aujourd'hui, les résultats tardent à se concrétiser, et les solutions durables semblent encore hors de portée.
Ceux qui ont initié les descentes dans les rues, en septembre 2025, avec les bidons jaunes devant le Sénat à Anosy, à l'instar de Babà Rakotoarisoa, l'actuel Directeur général de l'Aviation civile de Madagascar (ACM), Clémence Raharinirina, l'actuelle cheffe de région d'Analamanga et Lily Rafaralahy, l'actuelle ministre du Tourisme, semblent avoir oublié leurs revendications après leur nominations aux hautes fonctions de l'Etat.
Dans ce contexte, de nombreuses voix appellent à une prise de responsabilité plus ferme de la part de l'État. La nécessité de mettre en place une gestion efficace du secteur de l'eau, avec des responsables compétents et des moyens adaptés, apparaît comme une priorité. Car au-delà des tensions actuelles, c'est un enjeu fondamental : garantir à chaque citoyen un accès régulier et sécurisé à l'eau potable.
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