Rufisque – Engorgement des classes : L’Ia et les professeurs tirent la sonnette d’alarme
Avec une démographie régulièrement en forte hausse, le département de Rufisque souffre d’un déficit de salles de classe ainsi que d’enseignants. Les entreprises du...
Avec une démographie régulièrement en forte hausse, le département de Rufisque souffre d’un déficit de salles de classe ainsi que d’enseignants. Les entreprises du département, comme la Senelec, sont incitées à aider à inverser la tendance.
Par Alioune Badara NDIAYE Le département de Rufisque est passé à 800 mille habitants selon les chiffres du dernier recensement de la population en 2023, alors qu’en 2015, la population était estimée à 392 mille 617 habitants. Un boom démographique qui pèse lourdement sur le secteur de l’éducation avec une surcharge des classes, impactant négativement les enseignements.
Un constat alarmant pour lequel Penda Ba Wane, inspectrice d’Académie de Rufisque, voudrait avoir une solution assez urgente. «Nous sommes dans un département en plein essor, celui qui se développe le plus rapidement sur le plan démographique au Sénégal, en particulier dans la zone de Sangalkam, alors que nous y comptons encore trop peu d’établissements scolaires», a-t-elle dressé hier vendredi, lors de la cérémonie de clôture des Week-ends de la science au Centre de formation et de perfectionnement professionnels (Cfpp) au Cap des biches. Elle a déclaré : «Nous avons réussi cette année à faire inscrire Rufisque dans le Plan spécial de construction d’établissements scolaires de l’Etat, mais cela reste encore très insuffisant. Nous avons aujourd’hui des collèges qui dépassent les 100 élèves par classe», évoquant aussi la suppression de l’Entrée en 6e comme facteur amplifiant la pression.
A en croire Issakha Niang, coordonnateur des proviseurs du département, cette suppression pose problème à plusieurs niveaux. «Cette contrainte majeure nous oblige chaque année à procéder à des réductions horaires, privant ainsi nos élèves d’une partie importante du temps d’enseignement auquel ils ont droit», a-t-il indiqué, se désolant aussi des conséquences sur l’enseignement des matières scientifiques. «Plus grave encore, nos laboratoires de sciences ont été détournés de leur vocation initiale pour être transformés en salles de classe. Les lieux qui devraient servir aux expériences scientifiques, aux manipulations et aux travaux pratiques sont aujourd’hui occupés par des élèves, faute de salles disponibles. Comment former davantage de scientifiques lorsque les laboratoires ne peuvent plus jouer pleinement leur rôle», a regretté M. Niang, s’exprimant au nom de ses pairs du département.
Tout comme l’Ia, il a exhorté les collectivités ainsi que la Senelec, dans le cadre de la Rse, à accompagner l’Etat dans ce sens. «Et si, dans le cadre de sa politique de Rse, la Senelec accompagnait les lycées dans la construction de quelques salles de classe ? (…) Ce geste constituerait bien plus qu’une simple réalisation matérielle : ce serait un investissement direct dans le savoir, dans les sciences et dans la jeunesse sénégalaise. Quelques salles supplémentaires permettraient de mettre définitivement fin aux réductions horaires, de restituer les laboratoires à leur vocation scientifique originelle, de diminuer les effectifs par classe et d’offrir enfin à nos élèves des conditions d’apprentissage conformes aux exigences de l’école de qualité que nous appelons de tous nos vœux», a émis le coordonnateur des proviseurs.
Cette année marque la 2ème édition des Week-ends de la science initiés par la Senelec. Selon Saidou Abdoul Soumaré, directeur du Cfpp, près de 160 élèves des classes de 3ème et Terminale ont bénéficié d’un encadrement pédagogique régulier pendant 27 semaines (du 10 janvier au 27 juin 2026) en mathématiques, physique-chimie et sciences de la vie et de la terre. «Au Bfem, les élèves de Troisième ayant participé aux Week-ends de la science ont enregistré un taux de réussite exceptionnel de 98%. Pour ce qui est de la centaine d’élèves de Terminale scientifique que nous avons accompagnés, nous avons enregistré un taux de réussite global de 90%, dont 80% d’admis d’office», a détaillé M. Soumaré, revenant sur l’impact de cette initiative de la Senelec.
abndiaye@lequotidien.sn

