Tchad : Liberté de la presse et défis économiques des médias en débat
L'Union des journalistes tchadiens a organisé un panel sur la liberté de la presse et les défis économiques, soulignant l'importance de l'indépendance éditoriale et de la viabilité financière des médias.

Par Hassan Abderamane
Dans le cadre de la 33ᵉ Journée mondiale de la liberté de la presse, l’Union des journalistes tchadiens (UJT), en partenariat avec plusieurs organisations professionnelles, a organisé le samedi 2 mai 2026, un panel de haut niveau à l’ONAMA. Deux thématiques majeures ont été abordées : « Presse libre, gestion des conflits et paix durable : rôle et responsabilités des médias tchadiens face aux crises communautaires et frontalières » et « Pouvoir économique et souveraineté éditoriale : quel financement pour les médias tchadiens à l’ère du numérique ? ».
La première thématique a été animée par le ministre de la Communication, Gassim Chérif, accompagné de Belngar Larmé Jacques, président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), et de Naldjim Narcisse, vice-président de la Croix-Rouge du Tchad.
Le président de l’UJT, Abbas Mahamoud, a souligné l’importance de cette journée, rappelant qu'elle constitue un moment de réflexion sur les principes fondamentaux d'une presse libre. « La liberté de la presse est un droit fondamental des citoyens, essentiel à la démocratie et à la transparence », a-t-il déclaré.
Il a également mentionné les défis persistants au Tchad, tels que la précarité économique, l'insuffisance de protection sociale, et les pressions diverses. Il a évoqué les mutations numériques et l'impact de l'intelligence artificielle.
Le ministre de la Communication a insisté sur l'importance de la vérification des sources pour éviter la désinformation. Il a mis en garde contre les dérives des réseaux sociaux, notamment la diffusion d’images non vérifiées.
Les intervenants ont unanimement souligné la neutralité nécessaire des journalistes en période de crise. Naldjim Narcisse a cité le génocide rwandais de 1994 pour illustrer le rôle néfaste que peuvent jouer certains médias.
Belngar Larmé Jacques a exhorté les journalistes, surtout les jeunes, à éviter les prises de position politique. La vérification des contenus, notamment des images étrangères, a été identifiée comme un danger majeur pour la stabilité sociale.
Concernant les conditions sociales des journalistes, le ministre a reconnu leur précarité et exprimé le souhait d'améliorer leurs conditions salariales.
La seconde thématique sur le financement et la souveraineté éditoriale a réuni Halimé Assadya Ali, présidente de la HAMA, Sadam Ahmat Yacoub, co-promoteur du journal Alwihda Info, Isabelle Assingar, députée, et Bello Bakari, président de l’AMET.
Isabelle Assingar a déploré le manque de soutien aux médias et leur dépendance à la publicité. Bello Bakari a encouragé la diversification des revenus des médias. Sadam Ahmat Yacoub a souligné que l'indépendance éditoriale nécessite une viabilité économique.
La présidente de la HAMA a rappelé que les médias doivent être considérés comme des entreprises et ne peuvent dépendre uniquement des subventions. Elle a exhorté à améliorer les conditions de travail des journalistes et à renforcer la rigueur dans la presse en ligne.
