Bras de fer institutionnel : le CNC défie René Sadi et ordonne à Canal+ de couper Vision 4

Dans un courrier ferme daté du 6 octobre 2026, le président du Conseil national de la communication, Joseph Chebonkeng Kalabusu, ordonne à Canal+ de retirer Vision 4 de son bouquet. Cette injonction marque un véritable bras de fer institutionnel avec le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, qui avait exigé le rétablissement du signal […]

Bras de fer institutionnel : le CNC défie René Sadi et ordonne à Canal+ de couper Vision 4

Dans un courrier ferme daté du 6 octobre 2026, le président du Conseil national de la communication, Joseph Chebonkeng Kalabusu, ordonne à Canal+ de retirer Vision 4 de son bouquet. Cette injonction marque un véritable bras de fer institutionnel avec le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, qui avait exigé le rétablissement du signal de la chaîne.

Le paysage médiatique camerounais tangue au rythme d’une crise institutionnelle inédite. Entre l’organe de régulation et la tutelle ministérielle, le torchon brûle ouvertement à la suite de décisions diamétralement opposées concernant la chaîne Vision 4, propriété de l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga.

Par une correspondance incisive adressée ce 6 octobre au directeur des affaires publiques Afrique francophone de Canal+ International, Joseph Chebonkeng Kalabusu hausse le ton. Il exige le retrait immédiat du signal de la chaîne du groupe l’Anecdote, s’étonnant qu’il ait pu être réactivé unilatéralement sur la base d’instructions extérieures.

L’indépendance du CNC en question

Pour asseoir sa décision, le président du CNC rappelle un principe fondamental : au même titre que l’ARCOM en France, le Conseil national de la communication est une « autorité administrative indépendante de régulation des médias », qui n’est « nullement sous la tutelle du ministère de la Communication ». Le gendarme des médias se réserve d’ailleurs le droit d’actionner de nouvelles mesures réglementaires en cas de non-respect de son injonction.

Cet épisode intervient après un imbroglio juridico-administratif. Le 29 septembre dernier, lors de sa 48e session extraordinaire, le CNC avait prononcé la suspension de Vision 4 pour un mois, sanctionnant également plusieurs responsables et journalistes de la rédaction, dont Thaddée Martial Owona. Si l’opérateur s’était initialement plié à la décision, le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, était intervenu le 2 octobre auprès de Canal+ Cameroun pour exiger la reprise immédiate de la diffusion, invoquant la préservation de l’économie nationale et des emplois.

Au-delà du sort d’un média, cet affrontement public entre le régulateur et le gouvernement pose avec acuité la question des prérogatives et de l’indépendance effective des institutions de contrôle face aux arbitrages de l’exécutif.