Ebolowa II : l’eau potable, l’un des marqueurs du mandat d’André Thomas Bengon
Depuis 2020, la commune revendique 63 interventions hydrauliques, entre adductions, forages, puits, réhabilitations et améliorations de systèmes. Un bilan qui se mesure surtout au quotidien des populations. EBOLOWA II – MVILA. — Il existe des bilans que l’on défend à coups de discours. Et puis il y a ceux qui peuvent être examinés sur le […]
Depuis 2020, la commune revendique 63 interventions hydrauliques, entre adductions, forages, puits, réhabilitations et améliorations de systèmes. Un bilan qui se mesure surtout au quotidien des populations.
EBOLOWA II – MVILA. — Il existe des bilans que l’on défend à coups de discours. Et puis il y a ceux qui peuvent être examinés sur le terrain, ouvrage après ouvrage, village après village et de fil à aiguille nous sommes remontés à la source.
À Ebolowa II, nous avons pris le temps du terrain : deux semaines à parcourir les villages, à remonter le réseau hydraulique, à voir les ouvrages et à recueillir la parole de ceux qui les utilisent au quotidien. De cette immersion se dégage un constat difficile à éluder : l’accès à l’eau potable s’impose comme l’un des marqueurs les plus tangibles du bilan de l’exécutif municipal conduit par le maire André Thomas Bengon depuis 2020.
La question n’est pas anodine. Dans une commune où certaines populations rurales ont longtemps parcouru de longues distances pour accéder à l’eau, l’ouverture d’un forage, la réhabilitation d’un point d’eau ou la mise en service d’une adduction peut avoir un impact immédiat sur la vie quotidienne.
Dès mars 2020, quelques semaines après son arrivée à la tête de la commune, le maire effectuait d’ailleurs une tournée dans plusieurs quartiers et villages pour identifier les besoins en eau. Les problèmes d’eau et d’électricité figuraient alors parmi les principales doléances exprimées par les populations.
63 interventions hydrauliques recensées
Selon le bilan hydraulique communiqué pour la période 2020-2026, la commune totalise 63 interventions dans le domaine de l’eau. Le décompte fait apparaître 15 adductions ou mini-adductions d’eau potable, 13 forages, 8 puits, 24 points d’eau réhabilités et 3 systèmes hydrauliques améliorés.

Derrière ces chiffres se trouve une réalité géographique : celle d’une commune qui ne se limite pas à son centre urbain, mais comprend de nombreuses localités où l’accès aux services essentiels demeure un enjeu majeur. Le programme s’est ainsi déployé progressivement, avec des interventions allant de la simple réhabilitation d’un point d’eau à la réalisation de systèmes plus structurants, notamment les mini-adductions alimentées à l’énergie solaire.
Des villages au cœur du dispositif
En 2020, les interventions concernaient notamment Ma’amezam, Foulassi II, Mbout, Nkong-Ngoe, Minkok, Mekomo, Bous, Bissok, Biyeyem, Biba 2 Chefferie, Bipkwae, Aloum Cité, Mekalat-Yévol et Mbiletangan Chefferie. En 2021, les programmes se poursuivaient notamment à Asso’osseng, Djop, Minkok, Bilon, Amangs, Mekalat-Yévol, Bityili et Adjap Essamva.
Cette dynamique est également documentée dans les marchés publics de la commune. En octobre 2021, l’ARMP publiait ainsi l’attribution d’un marché portant sur la construction de deux puits positifs équipés de pompes à motricité humaine dans les écoles maternelles de Djop et de Bilon, pour un montant de 12,55 millions de FCFA.
En 2022, les mini-adductions solaires de Mekalat-Yévol, Nlayop et Mvam-Essakoe venaient compléter le dispositif.
En 2023, un projet d’adduction d’eau potable à pompage solaire était prévu au Centre zootechnique et vétérinaire de Nkolandom.
Puis, en 2024, plusieurs mini-adductions solaires étaient recensées à Nkoloveng, Ekowong-Biyoka, Enongal Bulu, Bipkwae-Ebomam et Biyeyem, notamment au niveau du stade municipal.

En 2025, les interventions se poursuivaient à Djop et Ngoto, parallèlement à la réhabilitation de dix points d’eau dans différentes localités.
Et en 2026, la programmation se poursuit avec des mini-adductions solaires annoncées à Bikpwae-Yemissem, Adjap 2, Biba et Bilon, ainsi que des systèmes hydrauliques améliorés à About-Oloun, Afanengong-Yessok et Nkolandom.
Le solaire comme nouvelle réponse alternative et innovante
L’un des traits caractéristiques de cette politique hydraulique est le recours croissant au pompage solaire. Dans les localités éloignées des réseaux classiques, cette technologie permet de proposer une solution adaptée aux contraintes d’alimentation électrique et aux réalités géographiques des zones rurales. Le choix n’est pas sans intérêt pour une commune comme Ebolowa II, où la question de l’accès aux services de base se pose différemment selon que l’on se trouve dans les quartiers urbains ou dans les villages périphériques. L’eau devient alors autant une question d’infrastructure que de proximité.
Un bilan qui doit aussi être vérifié
Les chiffres constituent une première indication. Ils ne suffisent toutefois pas, à eux seuls, à mesurer l’efficacité d’une politique publique. Un ouvrage construit est une chose. Un ouvrage fonctionnel en est une autre.
La véritable mesure du bilan passe donc par plusieurs questions : les installations fonctionnent-elles ? Les populations les utilisent-elles régulièrement ? Quelle est leur capacité ? Sont-elles entretenues ? Quelle est leur durée de fonctionnement ? Et combien de ménages bénéficient effectivement de ces équipements ? C’est sur ce terrain que le bilan municipal peut être apprécié avec le plus de précision.
À Mekalat-Yévol, Nlayop, Mvam-Essakoe, Nkoloveng, Enongal Bulu, Bipkwae, Biyeyem, Djop, Ngoto, Bikpwae-Yemissem, Adjap 2 ou Bilon, les ouvrages peuvent être visités et leur fonctionnement constaté. La question de l’eau a ainsi cette particularité : elle laisse peu de place aux abstractions. Un forage fonctionne ou ne fonctionne pas. Une adduction alimente effectivement les populations ou non. Un point d’eau réhabilité est utilisé ou abandonné.
Au-delà des chiffres, une question de quotidien
Pour les populations bénéficiaires, l’enjeu est moins de savoir combien de projets figurent dans un tableau que de mesurer ce qu’ils changent réellement. Quelques centaines de mètres de distance gagnés peuvent représenter du temps supplémentaire pour une famille.
Un point d’eau situé à proximité d’une école peut modifier les conditions d’accès à l’eau pour les élèves. Une adduction dans un village peut réduire la dépendance à des sources plus éloignées ou moins pratiques. C’est précisément là que se situe l’intérêt d’un bilan hydraulique : dans le passage du projet administratif au service effectivement rendu.
Une action qui s’inscrit dans un bilan municipal plus large
L’eau n’est par ailleurs qu’un volet du programme d’investissement de la commune. Le budget communal adopté pour 2025 s’élevait à 2,655 milliards de FCFA, avec des priorités annoncées autour de l’amélioration des services de base, du développement économique, de l’embellissement de la cité et de la poursuite de plusieurs infrastructures.

La commune met également en avant des réalisations dans les domaines des écoles, des centres de santé, du marché Oyenga et des infrastructures municipales. Mais dans le domaine hydraulique, le bilan présente une particularité : il se déploie au plus près des populations, jusque dans les villages.
L’eau comme révélateur de l’action publique
Depuis 2020, le bilan hydraulique communiqué par la commune d’Ebolowa II dessine donc une trajectoire : partir des besoins exprimés par les populations, réhabiliter l’existant, multiplier les points d’accès et introduire progressivement des solutions solaires.
Il reste naturellement des défis. L’existence de dizaines d’ouvrages ne signifie pas que tous les problèmes d’accès à l’eau sont définitivement réglés. La maintenance, la qualité de l’eau, la régularité du service et la pérennité des équipements restent des critères essentiels. Mais les 63 interventions hydrauliques recensées entre 2020 et 2026 constituent un élément concret du bilan municipal et offrent une base vérifiable pour apprécier l’action engagée.
Au fond, l’eau impose une méthode simple au débat public : regarder les chiffres, vérifier les ouvrages et écouter ceux qui les utilisent. Car derrière chaque forage, chaque puits, chaque adduction et chaque point d’eau réhabilité, il y a une réalité beaucoup plus simple que les controverses politiques : des populations qui ont besoin d’eau et unecollectivité qui doit leur en garantir l’accès.
À Ebolowa II, c’est peut-être là que se trouve la mesure la plus concrète du mandat d’André Thomas Bengon depuis 2020 : non pas dans les déclarations, mais dans la capacité des ouvrages à fournir durablement le service pour lequel ils ont été construits.
L’eau, elle, ne se raconte pas. Elle se vérifie.