L'État annonce le blocage des sites internet à caractère obscène

Le gouvernement souhaite désormais agir sur le contenu diffusé en ligne dans le cadre de sa politique de lutte contre l'insécurité. Réuni en Conseil des ministres au palais d'État d'Iavoloha, l'Exécutif a décidé de mettre en place des mesures destinées à bloquer les sites internet diffusant des images et vidéos à caractère obscène. Selon les autorités, ces contenus sont contraires aux bonnes mœurs et peuvent porter atteinte à l'ordre public. Dans le communiqué publié à l'issue de la (…) - Société

L'État annonce le blocage des sites internet à caractère obscène

Le gouvernement souhaite désormais agir sur le contenu diffusé en ligne dans le cadre de sa politique de lutte contre l'insécurité. Réuni en Conseil des ministres au palais d'État d'Iavoloha, l'Exécutif a décidé de mettre en place des mesures destinées à bloquer les sites internet diffusant des images et vidéos à caractère obscène. Selon les autorités, ces contenus sont contraires aux bonnes mœurs et peuvent porter atteinte à l'ordre public.

Dans le communiqué publié à l'issue de la réunion, la Présidence de la Refondation de la République estime que l'existence de ces plateformes favorise le développement de différentes formes de délinquance et participe à la dégradation du climat sécuritaire. Les ministères ainsi que les organismes publics concernés ont été chargés de travailler ensemble afin d'assurer l'application de cette décision.

À travers cette mesure, le pouvoir affiche sa volonté d'intégrer le numérique dans son dispositif de sécurité. L'objectif est de limiter la diffusion de contenus considérés comme nuisibles et d'agir sur des facteurs que les autorités jugent susceptibles d'encourager certains comportements déviants.

Si la décision est désormais actée, plusieurs zones d'ombre demeurent. Le communiqué ne précise ni les critères qui permettront d'identifier les sites visés, ni l'autorité qui sera chargée d'en dresser la liste. Aucune indication n'a également été donnée sur les moyens techniques qui seront utilisés pour procéder au blocage des plateformes concernées.

Cette absence de précisions alimente déjà les interrogations sur le périmètre réel de la mesure. Les réseaux sociaux pourraient-ils être concernés ? Certaines pages Facebook ou certains comptes diffusant des contenus jugés contraires aux bonnes mœurs ou susceptibles de troubler l'ordre public pourraient-ils être visés ? Ces questions prennent d'autant plus d'importance que le ministre de la Communication et de la Culture, O'Gascar Fenosoa Mandrindrarivony, avait annoncé le 15 juin dernier que le gouvernement réfléchissait à une loi destinée à encadrer les réseaux sociaux afin de lutter contre le harcèlement, la diffamation et la désinformation, tout en protégeant les valeurs malgaches.

Parallèlement, les autorités dénoncent régulièrement les comptes anonymes présents sur les réseaux sociaux. Lors d'une déclaration de l'État-major mixte opérationnel national (EMMO-NAT), le directeur général de la Police nationale, le contrôleur général Jean Victor Tsaramonina, a accusé certains comptes « fake » de diffuser des informations destinées à installer un climat de peur au sein de la population.

Cette décision intervient également dans un contexte politique particulier. Depuis plusieurs semaines, les responsables de l'État associent la montée de l'insécurité à des tentatives de déstabilisation du pouvoir. Dans ce contexte, le futur dispositif sera observé avec attention. S'il appartient à l'État de lutter contre les contenus illicites, plusieurs voix estiment qu'il sera tout aussi important de garantir le respect de la liberté d'expression et d'opinion afin que la lutte contre les abus sur internet ne se transforme pas en outil de restriction des libertés numériques.

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