Paludisme : l’urgence silencieuse qui continue de menacer les enfants
Chaque année, la Journée mondiale de lutte contre le paludisme rappelle une réalité qu’on aimerait ne plus avoir à raconter : celle d’une maladie ancienne et pourtant toujours meurtrière. En 2024, le paludisme a touché environ 282 millions de personnes dans le monde et causé 610 000 décès, selon l’Organisation mondiale de la santé. Derrière […]
Chaque année, la Journée mondiale de lutte contre le paludisme rappelle une réalité qu’on aimerait ne plus avoir à raconter : celle d’une maladie ancienne et pourtant toujours meurtrière. En 2024, le paludisme a touché environ 282 millions de personnes dans le monde et causé 610 000 décès, selon l’Organisation mondiale de la santé. Derrière ces chiffres, il y a surtout des enfants de moins de 5 ans qui succombent. Ils représentent près de 75% des décès liés à la maladie.
Transmis par la piqûre d’un moustique Anopheles infecté, le paludisme n’a rien perdu de sa dangerosité. Il provoque des accès de fièvre, des frissons, une grande fatigue, puis, dans les cas les plus graves, des complications pouvant entraîner la mort. Alors que la maladie est évitable et traitable, elle continue de frapper les populations les plus fragiles, notamment en Afrique subsaharienne, qui concentre à elle seule environ 95% des cas et des décès.
Ce fléau raconte aussi une inégalité mondiale très concrète. Dormir sous une moustiquaire, obtenir un test rapide, accéder à un traitement dans les premières heures, être protégé pendant la saison des pluies : autant de gestes simples en théorie, mais encore hors de portée pour des millions de familles. Dans les zones rurales, isolées ou touchées par les conflits, la maladie avance souvent plus vite que les soins. Et ce sont, là encore, les enfants qui en paient le prix le plus lourd.
Pourtant, le combat n’est pas impossible. Il avance, et c’est précisément ce qui redonne de l’espoir. Les moustiquaires imprégnées d’insecticide, les pulvérisations à l’intérieur des habitations, les tests de diagnostic rapide et les traitements précoces restent les piliers de la lutte. À cela s’ajoutent désormais les vaccins, grande avancée de ces dernières années : le RTS,S, recommandé par l’OMS depuis 2021, et le R21/Matrix-M, recommandé depuis 2023. Déployés dans les zones les plus exposées, ils offrent une protection supplémentaire et pourraient changer durablement le destin de milliers d’enfants.
Les progrès sont réels, mais fragiles. Les moustiques développent des résistances aux insecticides, tandis que certaines formes du parasite résistent déjà à des traitements. D’où l’importance d’investir dans de nouvelles solutions, comme les moustiquaires de nouvelle génération, de mieux surveiller la circulation du parasite et de garantir que les innovations arrivent jusqu’aux communautés les plus éloignées.
Le paludisme n’est pas seulement une question de santé publique. C’est une question de justice. Tant qu’un enfant mourra d’une maladie que l’on sait prévenir, diagnostiquer et soigner, le combat restera incomplet. Mais une chose est désormais claire : les solutions existent. Reste à les rendre accessibles partout, pour que la protection ne dépende plus du lieu de naissance.
