Projet FORMAPRO : mobilisation pour l'emploi des jeunes au Tchad
Le projet FORMAPRO, soutenu par l'UE et l'AFD, vise à améliorer l'employabilité des jeunes au Tchad en adaptant les formations aux besoins du marché du travail.

Par Achta Mahamat
Réunis à N’Djamena le 21 juin dans le cadre du projet FORMAPRO, les principaux acteurs de l’Enseignement et de la Formation Techniques et Professionnels (EFTP) ont discuté des défis et opportunités liés à la qualification des jeunes. Cette initiative, soutenue par l’Union européenne via l’Agence française de Développement (AFD), vise à adapter les formations aux besoins du marché du travail et à encourager une croissance économique inclusive au Tchad.
La Délégation de l’Union européenne, par l’intermédiaire de l’AFD, prévoit de mobiliser un consortium composé des ONG internationales Enfants du Monde (EDM) et ESSOR pour mettre en œuvre le projet d’appui au renforcement des compétences professionnelles dans le corridor stratégique N’Djamena-Douala.
Baptisé FORMAPRO, ce projet a pour objectif de développer les compétences éducatives, techniques et professionnelles des jeunes, notamment des filles, afin de répondre aux besoins en main-d’œuvre qualifiée et de contribuer à une croissance économique inclusive, durable et résiliente au Tchad.
L’atelier organisé dans ce cadre vise à réunir les principaux acteurs de l’EFTP pour échanger sur les enjeux du projet et définir des pistes d’action adaptées aux réalités du terrain.
Souleymane Ouédraogo, coordonnateur du projet, a présenté l’organisation Enfants du Monde, une ONG suisse active depuis plus de 50 ans dans plusieurs pays. Selon lui, l’organisation œuvre pour garantir aux enfants l’accès à une éducation de qualité et aux mères des soins de santé essentiels. « Notre conviction est simple : aucun pays ne peut se développer durablement si sa population ne peut ni apprendre ni vivre en bonne santé », a-t-il déclaré.
Présente sur quatre continents, l’organisation intervient notamment au Tchad, au Burkina Faso, au Niger et en Tanzanie, avec l’ouverture prochaine d’un bureau au Mali. Au Tchad, son engagement remonte à 2013. M. Ouédraogo a indiqué qu’en 2025, les programmes de l’organisation auront soutenu plus de 700 élèves et permis la formation de plus de 8 500 enseignants aux méthodes pédagogiques.
Il a également souligné que cet atelier s’inscrit dans la continuité des rencontres provinciales organisées du 9 au 12 juin à Sarh, Koumra, Doba et Moundou. Ces consultations ont permis de recueillir les perceptions et attentes des acteurs locaux, ainsi que d’identifier les initiatives et chaînes de valeur déjà présentes dans ces territoires.
De son côté, la secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur, à la Recherche scientifique et à la Formation professionnelle, Dr Khadidja Adoum Attimer, a rappelé que l’atelier prolonge les concertations menées dans les provinces concernées. Selon elle, ces rencontres ont réuni les autorités locales, les institutions de formation, les organisations de la société civile et les partenaires au développement autour des questions liées à l’emploi, à la qualification professionnelle et au développement économique des territoires.
Les échanges ont permis de mettre en évidence plusieurs défis majeurs, notamment une offre de formation parfois limitée, l’insuffisance des équipements et l’inadéquation entre certaines formations et les besoins du marché du travail.
Les consultations ont également identifié plusieurs filières porteuses de croissance et de création d’emplois, notamment dans les domaines de l’agro-industrie, de la transformation agricole, de l’élevage, de la maintenance industrielle, de la mécanique, du transport et de la logistique.
À travers le projet FORMAPRO, les partenaires ambitionnent de renforcer les compétences des jeunes et de favoriser leur insertion professionnelle, tout en accompagnant le développement économique des territoires situés le long du corridor stratégique N’Djamena-Douala.
