CUA : le nouveau PDS promet de remettre de l'ordre

« Il faut une organisation pour éviter l'anarchie ». Telle a été la déclaration du président de la délégation spéciale (PDS) d'Antananarivo, Feno Ralambomanana. Près d'un mois après sa nomination à ce poste, le nouvel édile de la capitale se met à pied d'œuvre pour faire face à une dégradation croissante de l'organisation urbaine malgré les vagues de contestation qui ne cessent de monter, notamment parmi les marchands de rue. Après la contestation généralisée des marchands de Behoririka, (…) - Société

CUA : le nouveau PDS promet de remettre de l'ordre

« Il faut une organisation pour éviter l'anarchie ». Telle a été la déclaration du président de la délégation spéciale (PDS) d'Antananarivo, Feno Ralambomanana. Près d'un mois après sa nomination à ce poste, le nouvel édile de la capitale se met à pied d'œuvre pour faire face à une dégradation croissante de l'organisation urbaine malgré les vagues de contestation qui ne cessent de monter, notamment parmi les marchands de rue.

Après la contestation généralisée des marchands de Behoririka, en avril, c'était au tour de ceux de la Petite Vitesse à Analakely de monter au créneau cette semaine. La CUA veut entreprendre des opérations d'assainissement face à l'étroitesse des rues, qui devraient servir aux automobilistes, mais sont occupées par des marchands jusque sur les trottoirs. À cela s'ajoute un trafic très dense avec les travaux d'assainissement en cours, qui n'aident pas à fluidifier la circulation.

Les statistiques, issues de différentes études sur la mobilité urbaine et la population tananarivienne, révèlent d'ailleurs que pas moins d'un million d'individus circulent chaque jour dans la capitale, en plus des 1,6 million d'habitants des six arrondissements de la CUA, ou encore des plus de 4 millions d'habitants de l'agglomération tananarivienne, composée entre autres des communes périphériques comme Tanjombato et Sabotsy Namehana.

Pas moins de 16 000 taxis-motos circuleraient actuellement à Antananarivo, selon le contrôleur général de police Albert Estel Ainanirina, directeur des Transports et de la mobilité urbaine auprès de la CUA. Plus de 40 000 véhicules de transport en commun sont également enregistrés auprès des autorités, sans compter les véhicules des particuliers.

L'anarchie semble inévitable, d'autant que la qualité des infrastructures de transport urbain ne cesse de se dégrader sous l'effet de l'usure du temps et du manque d'entretien. Mais il y a également le manque de fermeté des autorités communales qui se sont succédé pour mettre fin à la gabegie. Au fil du temps, les marchands de rue occupant illicitement les trottoirs ont été tolérés à des fins politiques, certaines rues ont même été transformées en marchés, tandis que d'autres voies ont été bloquées. Par-dessus tout, les stationnements sauvages de véhicules, faute de parkings ou d'organisation claire, aggravent la situation. Le tout oblige les piétons à marcher sur la chaussée, entravant davantage la circulation.

Bien que le nouveau PDS n'ait pas encore clairement indiqué sa feuille de route pour réorganiser la capitale, ses déclarations sur la nécessité de mettre de l'ordre apparaissent comme une évidence. Reste à savoir jusqu'où il pourra aller dans ses prises de décision et quel modèle d'urbanisation le « maire de la CUA », habitué à la circulation en France métropolitaine et en Asie, particulièrement en Chine, choisira d'adopter.

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