« Madagascar Vision 2030 » : où en est-on ?
En 1996, il y a exactement 30 ans, le Programme des Nations unies pour le développement avait réuni des intellectuels malgaches dans le cadre d'un exercice appelé National Long Term Perspective Studies (NLTPS) - « Madagascar Vision 2030 ». Il s'agissait de réfléchir sur les différents scénarios possibles pour Madagascar à l'horizon de cette année de référence. Ce qui suit est extrait d'un document de synthèse publié sur le site de … l'Institut royal des études stratégiques marocain. Il est (…) - Politique
En 1996, il y a exactement 30 ans, le Programme des Nations unies pour le développement avait réuni des intellectuels malgaches dans le cadre d'un exercice appelé National Long Term Perspective Studies (NLTPS) - « Madagascar Vision 2030 ». Il s'agissait de réfléchir sur les différents scénarios possibles pour Madagascar à l'horizon de cette année de référence.
Ce qui suit est extrait d'un document de synthèse publié sur le site de … l'Institut royal des études stratégiques marocain. Il est à la fois étonnant et triste qu'aucune version d'un texte aussi important et intéressant ne soit disponible sur un site malgache. Il n'est donc pas étonnant qu'il ait été oublié.
Cet extrait est livré sans commentaires de notre part, afin que chacun puisse évaluer objectivement la qualité de la vision exprimée il y a 30 ans par ce groupe d'intellectuels, et déterminer lequel des trois scénarios est le plus proche de la réalité d'aujourd'hui, à quatre ans de l'horizon 2030.
"Le scénario du paquebot de croisière" décrit le voyage paisible d'un peuple uni, sur un bâtiment robuste et sur une mer calme. Les trois étapes de ce voyage sont décrites sans conviction : renaissance de l'enthousiasme populaire et reconstruction institutionnelle attirant les investisseurs étrangers (1996-2000), puis consolidation des bases de la croissance (2001-2010), et enfin accession de Madagascar au rang de puissance régionale (2010-2030).
Le scénario du "boutre" décrit le sort d'un équipage divisé, sur un bâtiment vétuste, sur une mer démontée. Entre 1996 et 2001, le pays ne parvient pas à se doter d'institutions démocratiques, le poids de sa dette l'écrase, la "fracture sociale" s'accentue, la dégradation de l'environnement rural et urbain, l'explosion du secteur informel et la croissance démographique, ruinent le peuple malgache. Les famines engendrent des troubles sociaux. Ce scénario est décrit avec plus de conviction que le précédent. Un obscur vaisseau fantôme étranger vient finalement prendre le boutre en remorque et recrée à Madagascar l'âge des comptoirs commerciaux ; les investisseurs étrangers exploitent les ressources naturelles ou développent le tourisme sexuel ou narcotique. "Le Malgache a perdu son identité et sa fierté".
Le scénario de la goélette se construit sur les hypothèses d'une "bonne gouvernance" et d'un environnement international relativement perturbé. L'enthousiasme populaire, le patriotisme des dirigeants enfin réconciliés et le libéralisme économique compensent le fait que la mondialisation accentue les handicaps du pays. Les réformes nécessaires sont achevées en 2001.
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