Coface : Madagascar reste classé parmi les pays à risque élevé pour les entreprises

Madagascar demeure dans la catégorie des économies présentant un risque élevé pour les entreprises. Dans sa dernière évaluation, la Compagnie française d'assurance pour le commerce extérieur (Coface) maintient le pays à la note « C », aussi bien pour le risque pays que pour le climat des affaires. Cette appréciation, largement suivie par les investisseurs, les banques et les exportateurs, signifie que les opérations commerciales restent possibles, mais qu'elles nécessitent une gestion (…) - Economie

Coface : Madagascar reste classé parmi les pays à risque élevé pour les entreprises

Madagascar demeure dans la catégorie des économies présentant un risque élevé pour les entreprises. Dans sa dernière évaluation, la Compagnie française d'assurance pour le commerce extérieur (Coface) maintient le pays à la note « C », aussi bien pour le risque pays que pour le climat des affaires. Cette appréciation, largement suivie par les investisseurs, les banques et les exportateurs, signifie que les opérations commerciales restent possibles, mais qu'elles nécessitent une gestion rigoureuse des risques et une analyse approfondie de la solvabilité des partenaires. Malgré des perspectives économiques relativement favorables, l'assureur-crédit estime que plusieurs fragilités structurelles continuent de freiner l'attractivité de la Grande Île.

Selon Coface, l'économie malgache devrait poursuivre sa croissance grâce aux investissements publics, au secteur minier, au textile et à une reprise progressive du tourisme. L'institution tablait sur une progression du produit intérieur brut (PIB) de 4,6 %, avec une inflation en baisse autour de 7 % et une dette publique représentant 55,5 % du PIB. Toutefois, les dernières données officielles du Gouvernement, publiées dans la Loi de finances rectificative (LFR) 2026, sont plus prudentes. Les autorités ont revu leur prévision de croissance à 3,8 %, contre 4,8 % attendus initialement, en raison notamment des effets des cyclones Fytia et Gezani, des tensions géopolitiques internationales et de la hausse des coûts de l'énergie.

Cette révision ne remet toutefois pas en cause le constat dressé par Coface. L'assureur considère que Madagascar reste confronté à des vulnérabilités importantes. L'économie demeure fortement dépendante d'un nombre limité de produits d'exportation. Le nickel représente environ 26 % des exportations du pays, tandis que la vanille en constitue près de 17 %. Une baisse des cours mondiaux de ces matières premières peut donc rapidement affecter les recettes d'exportation, les réserves en devises et la croissance économique.

À cette dépendance s'ajoutent des contraintes internes persistantes. Coface rappelle que Madagascar affiche un PIB par habitant de seulement 530,5 dollars, compte près de 29,8 millions d'habitants et reste confronté à une pauvreté massive, à des infrastructures insuffisantes et à une forte exposition aux catastrophes naturelles. Les difficultés d'accès à l'électricité, les coûts logistiques élevés ainsi que les lenteurs administratives continuent également de peser sur la compétitivité des entreprises.

Face à cette situation, le Gouvernement mise sur un renforcement des finances publiques. La Loi de finances rectificative maintient les recettes fiscales intérieures à 6 221,7 milliards d'ariary et prévoit 5 202 milliards d'ariary de recettes douanières. Les nouvelles mesures fiscales devraient générer 527 milliards d'ariary supplémentaires. En parallèle, les partenaires techniques et financiers accroissent leur soutien : les décaissements des prêts destinés aux projets d'investissement atteignent désormais 4 775,5 milliards d'ariary, tandis que les appuis budgétaires passent de 1 127,8 milliards à 2 276,9 milliards d'ariary.

Ces efforts budgétaires traduisent la volonté des autorités de soutenir l'activité économique dans un contexte international incertain. Ils viennent compléter les réformes engagées pour améliorer la mobilisation des recettes, renforcer la gouvernance des finances publiques et accélérer les investissements structurants.

Pour autant, la notation « C » attribuée par Coface rappelle que les progrès macroéconomiques ne suffisent pas encore à modifier la perception du risque. À titre de comparaison, des pays africains comme Maurice (A4), le Maroc (B), la Côte d'Ivoire (B) ou encore le Sénégal (B) bénéficient d'une évaluation plus favorable, tandis que Madagascar demeure dans une catégorie où les entreprises doivent composer avec un environnement économique plus fragile. À l'inverse, le pays reste mieux classé que plusieurs économies africaines notées D ou E, telles que le Zimbabwe, le Soudan ou le Burundi.

Pour améliorer sa position dans les prochaines évaluations, Madagascar devra transformer sa croissance en un développement plus inclusif, poursuivre la diversification de son économie, renforcer la sécurité juridique des investissements, moderniser ses infrastructures et accroître la résilience de ses entreprises face aux chocs climatiques et économiques. Tant que ces défis structurels ne seront pas pleinement relevés, le pays devrait conserver, selon Coface, un profil de risque élevé pour les acteurs économiques.

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