Détournement de deniers publics au MEN : 1 841 tables-bancs au cœur d'une affaire à plus de 833 millions d'ariary
Une importante affaire concernant des marchés publics du secteur de l'éducation est désormais entre les mains de la justice. Le Pôle Anti-Corruption (PAC) d'Antananarivo enquête sur la disparition présumée de 1 841 tables-bancs pourtant financées par l'État. Leur valeur est estimée à 833.236 millions d'ariary. L'affaire a été transmise au parquet du PAC le 8 août. Elle porte sur des achats effectués par le ministère de l'Éducation nationale pendant les exercices 2020 et 2021. Les mobiliers (…) - Société
Une importante affaire concernant des marchés publics du secteur de l'éducation est désormais entre les mains de la justice. Le Pôle Anti-Corruption (PAC) d'Antananarivo enquête sur la disparition présumée de 1 841 tables-bancs pourtant financées par l'État. Leur valeur est estimée à 833.236 millions d'ariary.
L'affaire a été transmise au parquet du PAC le 8 août. Elle porte sur des achats effectués par le ministère de l'Éducation nationale pendant les exercices 2020 et 2021. Les mobiliers concernés étaient destinés aux établissements scolaires dits « manara-penitra ».
Les commandes représentaient 18 399 tables-bancs pour un montant dépassant 8.327 milliards d'ariary. Les procédures administratives indiquaient que la totalité des équipements avait été réceptionnée après paiement. Les constatations effectuées dans le cadre de l'enquête donnent cependant une autre image : 16 558 tables-bancs seulement auraient réellement atteint leur destination. Un écart de 1 841 unités reste donc à expliquer.
Au-delà du matériel manquant, les investigations s'intéressent au fonctionnement même des procédures ayant encadré ces acquisitions. Le recours à des contrats conclus de gré à gré figure parmi les pratiques examinées. Leur mise en œuvre aurait présenté des irrégularités au regard des règles applicables aux marchés publics.
Autre élément particulièrement sensible : plusieurs responsabilités essentielles auraient été exercées par une seule personne. Celle-ci serait intervenue à différentes étapes, depuis la contractualisation jusqu'à la réception et au paiement, alors que certaines de ces missions relevaient officiellement d'autres responsables. Cette situation soulève la question de l'efficacité des mécanismes censés garantir un contrôle indépendant de la dépense publique.
Les documents administratifs sont également dans le viseur des enquêteurs. Des procès-verbaux portant les signatures de plusieurs personnes auraient servi à confirmer la livraison des équipements. L'enquête soupçonne toutefois que certains de ces documents ne correspondent pas à la réalité. Leur authenticité devient ainsi déterminante pour comprendre dans quelles conditions les paiements ont pu être effectués.
Les investigations portent en outre sur le fonctionnement de certaines sociétés bénéficiaires des marchés. Le recours présumé à des prête-noms pourrait compliquer l'identification des personnes contrôlant réellement ces entreprises et bénéficiant des contrats concernés.
À ce stade, neuf personnes ainsi que trois sociétés sont impliquées dans la procédure. Cinq suspects entendus par le juge d'instruction ont été placés en détention provisoire à Antanimora. D'autres personnes concernées se trouveraient hors de Madagascar.
Une ancienne ministre de l'Éducation nationale serait également citée dans le dossier. D'éventuels liens avec d'anciens hauts responsables sont par ailleurs examinés. Aucune conclusion définitive ne peut toutefois être tirée à ce stade : les responsabilités individuelles devront être établies au terme des investigations et de la procédure judiciaire.
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