Madagascar à la tête du Conseil de l'organisation internationale du cacao
Madagascar prend une place de premier plan dans les discussions mondiales sur l'avenir du cacao. Philippe Fontayne, vice-président du Conseil national du cacao, a été choisi pour présider le Conseil de l'Organisation internationale du cacao (ICCO) durant l'année cacaoyère 2026-2027. Son élection est intervenue à Abidjan, lors de la 114e réunion ordinaire de l'instance, organisée du 14 au 18 septembre. Pour la Grande Île, cette responsabilité dépasse la représentation institutionnelle. Elle (…) - Economie
Madagascar prend une place de premier plan dans les discussions mondiales sur l'avenir du cacao. Philippe Fontayne, vice-président du Conseil national du cacao, a été choisi pour présider le Conseil de l'Organisation internationale du cacao (ICCO) durant l'année cacaoyère 2026-2027. Son élection est intervenue à Abidjan, lors de la 114e réunion ordinaire de l'instance, organisée du 14 au 18 septembre.
Pour la Grande Île, cette responsabilité dépasse la représentation institutionnelle. Elle lui donne une position privilégiée pour porter les préoccupations des producteurs dans les débats internationaux, alors que la filière traverse une période de profondes mutations.
Les cours mondiaux restent instables et les exploitations subissent les conséquences du changement climatique. Le vieillissement des cacaoyers pèse également sur la productivité. Parallèlement, les producteurs doivent répondre à des normes plus strictes concernant l'origine et la qualité des fèves, notamment avec les nouvelles règles européennes destinées à lutter contre la déforestation.
Madagascar possède pourtant un atout rare. Alors que ses exportations avoisinent 15 000 tonnes par an sur un marché mondial d'environ cinq millions de tonnes, l'ensemble de ses fèves exportées bénéficie de la classification « cacao fin ou aromatique ». Cette reconnaissance à 100 % distingue particulièrement la production malgache sur les marchés internationaux.
L'enjeu consiste désormais à transformer cette réputation en bénéfices économiques plus importants pour les familles qui vivent de cette culture. Une meilleure rémunération figure ainsi parmi les dossiers que Madagascar entend défendre. Le renouvellement des plantations, l'accès à des plants plus performants, la traçabilité, l'adaptation des cultures aux bouleversements climatiques et la transformation du cacao sur le territoire font également partie des chantiers prioritaires.
Cette présidence intervient par ailleurs après une autre étape importante. Le 27 août dernier, Madagascar a signé à Antananarivo le nouvel Accord international sur le cacao, aux côtés notamment de la Côte d'Ivoire, du Nicaragua, du Togo et de la République démocratique du Congo. Son entrée en vigueur est prévue le 1er octobre.
À l'échelle nationale, ces ambitions devront également trouver leur traduction dans le Plan national cacao 2026-2035. Productivité, renouvellement des plantations, organisation des coopératives et création de valeur à Madagascar constituent autant de défis.
La présidence de l'ICCO offre ainsi au pays une tribune internationale. Reste désormais à convertir cette influence en avancées tangibles dans les régions productrices et, surtout, dans les revenus de ceux qui cultivent le cacao.
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