Démarrage à Nouakchott des travaux d’un séminaire sur les recettes non fiscales de l’État
Le ministère des finances a organisé ce lundi matin à Nouakchott la deuxième édition de son séminaire annuel sur les recettes non fiscales de l’Etat, placé cette année sous le thème : « Les recettes non fiscales : enjeux et perspectives ». Cette rencontre représente un espace de concertation, d’échange d’expériences, ainsi qu’une opportunité de […]

Le ministère des finances a organisé ce lundi matin à Nouakchott la deuxième édition de son séminaire annuel sur les recettes non fiscales de l’Etat, placé cette année sous le thème : « Les recettes non fiscales : enjeux et perspectives ».
Cette rencontre représente un espace de concertation, d’échange d’expériences, ainsi qu’une opportunité de renforcer le partenariat entre les différents acteurs intervenant dans le système des recettes fiscales, afin de dégager une vision commune sur l’avenir des recettes non fiscales et leur rôle dans la stabilisation financière et le soutien au processus de développement.
Son programme comprend la présentation du bilan des travaux réalisés par la direction générale du trésor et de la comptabilité publique dans le domaine des recettes non fiscales, ainsi qu’un diagnostic des atouts et des défis existants, de l’interopérabilité et des recoupements entre les systèmes d’information, et des présentations par les secteurs concernés, notamment ceux de la pêche, de l’énergie et des minéraux.
Le ministère des Finances espère, à travers ce séminaire aboutir à des recommandations concrètes et à un plan d’action clair et réalisable, qui renforcent les réformes en cours et ouvrent de nouvelles perspectives pour développer la mobilisation des recettes non fiscales et améliorer leur rendement, au service des objectifs de développement économique et social de la Mauritanie.
Dans le discours qu’il a prononcé à cette occasion, le secrétaire général du ministère des finances, M. Mamadou Abdoulaye Diallo a déclaré que l’organisation de ce séminaire s’inscrit dans le cadre des réformes en cours visant à renforcer la viabilité des finances publiques et à diversifier les sources de financement du budget général de l’État. Il a précisé que les données issues des rapports du trésor public montrent que les finances publiques nationales ont connu ces dernières années une amélioration notable en matière de mobilisation des ressources, soutenue par le renforcement des mécanismes de suivi et de transparence.
Le secrétaire général a ajouté que les recettes non fiscales ont continué à jouer un rôle de plus en plus important dans la structure des ressources de l’État, tirant leur force de la diversité de leurs sources, notamment les recettes du secteur de la pêche, des ressources minérales, des recettes des entreprises publiques, ainsi que des revenus des biens de l’État et des services administratifs. Il a fait remarquer que les recettes issues de cette taxe s’élevaient, au cours de l’année écoulée, à 29,4 milliards ouguiyas MRU, avec une augmentation supérieure à 6,7 %, ce qui, dit-t-il, démontre la continuité de la performance positive de cette composante vitale des ressources publiques.
M. Mamadou Abdoulaye Diallo a également souligné que cette évolution reflète le succès des politiques publiques visant à améliorer l’efficacité de la collecte des ressources et témoigne de l’impact positif des réformes structurelles lancées dans le cadre de la modernisation des finances publiques, du renforcement de la gouvernance et de l’amélioration de la transparence de la gestion, tout en rappelant que cette orientation s’inscrit dans la vision stratégique définie par Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, et que le gouvernement du Premier ministre, M. El Moctar Ould Djay met en œuvre, en faisant de la mobilisation des ressources internes un levier essentiel pour le financement du développement économique et social.
Le secrétaire général a noté que, malgré ces réalisations, les enjeux demeurent, notamment en raison des fluctuations des marchés internationaux et de la dépendance d’une partie de ces ressources à l’égard de secteurs à caractère extractif, ce qui nécessite d’intensifier les efforts visant à élargir la base productive des recettes non fiscales , de renforcer la valorisation des ressources naturelles de manière durable, de développer les mécanismes de numérisation et de traçabilité , d’ancrer les principes de transparence et de responsabilité et d’améliorer la performance des institutions publiques en tant que levier essentiel pour renforcer ces ressources.
De son coté, le directeur général du trésor et de la comptabilité publique, M. Yahya Ould Sadvi a précisé que les recettes constituent aujourd’hui un levier de financement des politiques publiques, en ce qu’elles permettent de diversifier les ressources de financement de l’Etat, tout en contribuant à la valorisation du patrimoine public et à l’mélioration de la gouvernance des ressources. Le directeur général du trésor et de la comptabilité publique a indiqué, qu’au cours des dernières années, des progrès notables ont été enregistrés dans ce domaine comme en témoignent les indicateurs et les résultats obtenus faisant remarquer qu’en 2025 les recettes non fiscales hors secteur extractif ont atteints près de 28,85 milliards d’ouguiya MRU, hors don, soit 8,4 % du produit intérieur brut non extractif et représentent 31,3 % des recettes totales de l’Etat, lesquelles se sont élevées à 110,92 milliards MRU, soit un taux d’exécution de 94, 84 % du budget annuel.
Le chef de coopération de délégation de l’Union Européenne en Mauritanie, M. Win Vandenbroucke a, pour sa part, constaté, avec satisfaction, que malgré un environnement international complexe, notre pays a fait preuve de résilience en 2025 et amorce 2026 avec une perspective de croissance soutenue, notamment par les secteurs extractifs et le démarrage du gaz.
Il a cependant fait remarquer que pour assurer un développement durable et inclusif, le renforcement de la mobilisation des ressources intérieures est indispensable pour favoriser une progression des recettes non fiscales notamment les redevances administratives, les revenus du domaine public et les dividendes des entreprises publiques, qui sont un pilier majeur pour alléger la pression sur la fiscalité directe et la dette.
Le chef de coopération de délégation de l’Union Européenne en Mauritanie a souligné que la Mauritanie a le potentiel de devenir un modèle régional en matière de gestion des ressources naturelles et de finances publiques avant de préciser que L’UE se tient à ses côtés, à travers le Global Gateway et ses programmes de coopération, pour transformer les défis en opportunités de développement partagé.